Le trio Commun Karma sera en concert jeudi 8 octobre 2026 à 21 heures au Triporteur, à Auzeville-Tolosane, puis vendredi 9 octobre au Buv’Art, à Lasserre-Pradère. Au micro de Radio 2 L’hers, son chanteur et poète Otimani raconte une musique où se croisent trip-hop, rock et chanson à texte, mais aussi un travail de transmission qui conduira des étudiants sur scène.
Le matin, trouver les mots. Le soir, les dire devant un public. Pour les étudiants qui participeront à l’atelier d’Otimani le jeudi 8 octobre, la journée se prolongera sous les lumières du Triporteur. Ils assureront la première partie de Commun Karma. « Prendre la parole en public, c’est l’objectif aussi de ces ateliers. Écrire et dire, voilà », résume le chanteur. Une manière très concrète de relier la création musicale à ceux qui, parfois, n’ont encore jamais pris le micro.
Cette circulation de la parole traverse le parcours d’Otman El Jaouhari, alias Otimani. Son histoire avec l’écriture commence au collège, lorsqu’un ami lui propose d’interpréter ses chansons de rap. Il se met bientôt à écrire à son tour. Aujourd’hui, ses textes rencontrent la batterie et les machines de Titi Donoso, ainsi que les claviers de Jérémy Koji.
La rencontre s’est construite dans la durée. Titi Donoso avait travaillé sur les arrangements scéniques du premier album d’Otimani, avant de tourner avec lui pendant près de trois ans. Le batteur collaborait également avec Jérémy Koji au sein d’EDDA, un projet mêlant musique et image. Des improvisations communes ont ouvert la voie au trio. « J’avais des textes sous le coude que je voulais absolument mettre en musique », raconte Otimani. Les deux musiciens leur ont donné une nouvelle matière sonore.
Commun Karma revendique un mélange de trip-hop, de rock, de rap et de slam. « On travaille sur le son qui frappe, qui bouscule et on veut des mots qui marquent », explique son chanteur. L’énergie recherchée doit aussi laisser une place à l’émotion. Le projet Mokalé porte ainsi un souhait de solidarité face aux douleurs visibles ou cachées. « C’est un mot que j’ai inventé », précise Otimani. Derrière ce nom, il imagine la possibilité de transformer la souffrance en espoir grâce aux autres.
Au Triporteur, cette attention au collectif s’inscrit dans une relation déjà ancienne. Otimani évoque plusieurs invitations et un travail régulier avec l’équipe autour de questions sociales et de ruralité. « Depuis, je suis un fidèle du Triporteur », dit-il. Son retour à Auzeville-Tolosane comprendra un atelier d’écriture et d’oralité auprès d’étudiants de l’ENSFEA. Il s’agira de leur donner des outils pour développer leurs propres textes, puis les déclamer. La première partie du soir sera l’aboutissement de cette journée.
Le vendredi 9 octobre, au Buv’Art de Lasserre-Pradère, le travail prendra une forme individuelle. Avant le concert, Otimani accompagnera une personne pendant une demi-journée, à partir d’une thématique personnelle et des difficultés rencontrées dans l’expression. Un passage en première partie est également envisagé. « Les mots, on les utilise tous les jours et il faut en prendre soin », insiste le poète.
Ces rendez-vous précèdent une nouvelle étape pour Commun Karma : un album annoncé pour février 2027. Le trio prépare aussi sa prochaine tournée et structure son entourage professionnel. « On fait beaucoup de porte à porte pour développer notre réseau », confie Otimani. Un travail de terrain qui accompagne les concerts et les actions culturelles, avec cette même préoccupation : donner aux mots les moyens d’être entendus.
En pratique : jeudi 8 octobre 2026 à 21 heures au Triporteur, 110 impasse Jeanne-Barret, Auzeville-Tolosane. Participation libre. Première partie assurée par les étudiants accompagnés en atelier. Vendredi 9 octobre : concert au Buv’Art, à Lasserre-Pradère ; horaire à confirmer auprès du lieu.


